mare & martin

Politique culturelle & République

Collection dirigée par Jean-Miguel Pire

 

« Il faudrait concevoir une politique de l’esprit
comme 
il y a une politique du pétrole et une politique du blé. »

Paul Valéry

 

L’élaboration des valeurs morales, du sens, de la beauté, de la vérité, de la justice, suppose l’existence d’un espace franc où chaque homme puisse se sentir libéré des contraintes utilitaristes et marchandes. L’invention du ministère des Affaires culturelles en 1959 par Malraux répondit à cette ambition. Quinze années seulement après le chaos de la guerre, la décision de doter la France d’un ministère dédié à l’esprit n’eut rien d’anodin. Pour rebâtir la société, il fallait un instrument capable de faire vivre au sein de l’État les valeurs portées par l’art et la culture. Face au triomphe du negotium, chacun devait pouvoir accéder à l’otium – ce « loisir studieux » où la fréquentation désintéressée des œuvres éclaire la conscience.

Alors qu’aujourd’hui l’utilitarisme et la vision comptable du monde menacent de tout dominer, le legs de Malraux paraît toujours plus précieux. L’art ouvre sur des vérités qui rencontrent l’aspiration de nos contemporains à une autre façon de concevoir la réalité, plus désintéressée, plus sensible, plus respectueuse des valeurs humaines. Plaidant Pour une refondation de la politique culturelle (1997), Jacques Rigaud affirmait ainsi que « la culture n’est pas seulement un secteur de l’action publique, elle en est une dimension. »

La vocation de cette collection sera d’accueillir les travaux qui nourrissent, illustrent et discutent cette idée. Essais, études, recueils, actes de colloque, permettront de comprendre comprendre comment l’art et la culture contribuent à la réalisation du projet républicain.