mare & martin

Collection Droit & Littérature

Sous la direction de François Terré, Catherine Puigelier et Fabrice Defferrard

 

Il est peu de dire que le droit et la littérature se connaissent et se côtoient. Le premier appréhende la seconde comme forme ou objet d’expression de l’homme, à la fois libre et cernée par des impératifs qui peuvent la contraindre. La littérature, quant à elle, voit dans le droit, c’est-à-dire bien souvent dans la justice, un prétexte et une ellipse, un moyen de résonnance. Les illustrations classiques ne manquent pas : quand Emile Zola écrit « La Terre », il débute par une donation-partage entre le vieux Fouan, paysan de son état, et ses trois enfants ; lorsque le colonel Chabert, cette œuvre parmi les plus célèbres de Balzac, réapparaît après avoir été laissé pour mort à la bataille d’Eylau et retrouve sa « veuve », engagée depuis lors en seconde noce avec le comte Ferraud, c’est de l’absence du tout jeune code civil dont il est question ; et à travers le personnage de l’inspecteur de première classe Javert, dans « Les Misérables », n’est-ce pas un certain légicentrisme et l’excès des lois que Victor Hugo nous montre ? Il y a le droit et la littérature – les disciplines – et il y a les gens de droit et les gens de lettres – celles et ceux qui en font usage. Ils partagent la langue et le désir d’une certaine tension, pour émouvoir ou pour convaincre.

Ainsi, la littérature et le droit s'interpellent ou se confondent. Deux disciplines qui traduisent l'humain, le projettent entre des mots pour l'orienter ou le contraindre, le dessinent entre des lignes pour l'éclairer ou le protéger. Shakespeare, Corneille, La Fontaine, Molière, Chateaubriand, Balzac, Hugo et bien d'autres ont souligné le vivier commun de la littérature et du droit. C'est l'objet de la collection Droit & Littérature des éditions Mare & Martin que de donner forme aux observations d'Alexandre Soljenitsyne selon lesquelles « Une littérature qui.... n'ose pas communiquer à la société ses propres souffrances ou ses propres aspirations, qui n'est pas capable d'apercevoir à temps les dangers sociaux et moraux qui la concernent, ne mérite pas le nom de littérature ».