Regard et droit public
« Laissez-les. Ce sont des aveugles qui guident des aveugles. Or, si un aveugle guide un aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse. » (La Parabole des aveugles). Cette célèbre parabole porte en germe une exhortation à la vigilance et invite chacun à exercer un « droit de regard » sur ceux qui prétendent nous guider. L’expression emporte en effet l’idée de contrôle, de surveillance, d’un regard oblique qui redresse ou corrige son objet. Ce regard est étroitement lié au registre républicain, incarné par le révolutionnaire Nicolas de Bonneville, qui affirmait en 1790 que « le pouvoir de surveillance [...] constitue essentiellement la souveraineté nationale ». Étudié sous le prisme du droit public, le droit de regard ouvre un vaste champ de recherche possible, propice à une réflexion collective et pluridisciplinaire. Trois perspectives ont alors été retenues : le regard « descendant » de l’État, le regard « horizontal » entre les États et, enfin, le regard « ascendant », celui du peuple.