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Aux limites du droit

Aux limites du droit

Auteur : Caroline Regad-Albertin

La limite peut être entendue dans deux sens dont les implications sont différentes, voire opposées. Elle peut être considérée comme un horizon indépassable, un mur infranchissable qui borne très distinctement des domaines d’étude et des champs d’action. Dans une seconde acception, la limite est, au contraire, la ligne qui peut être franchie et par extension, la limite devient amovible : elle peut être déplacée, même légèrement, en fonction des événements.

Le thème de ce colloque nous invite non pas à étudier « la limite du droit », comme le suggèrerait le premier sens du mot limite. Cette idée n’aurait pas de sens, sauf à considérer un système pur de droit, isolé de tous les autres paramètres qui peuvent graviter autour de lui. Nous sommes, à l’inverse, amenés à nous rendre « Aux limites du droit », dans cette zone d’interférence, de superposition, d’interpénétration non seulement des disciplines théoriques mais aussi des circonstances ponctuelles dont l’enchevêtrement donne à la pratique de la science juridique toute son ampleur. Les limites du droit font donc référence à un lieu de communication et de négociation où la recherche d’un équilibre spontané est autant permanente qu’impossible à pérenniser. En effet, les divers facteurs qui entrent dans les limites du droit sont si riches et pourtant si mouvants qu’il paraît judicieux de tenter, tant que faire se peut, de cerner leur essence. D’autant que les limites sont souvent révélatrices de la nature profonde du droit.