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Schengen, 25 ans après : Et le football dans tout ça ? Mobilité des joueurs et des groupes de supporteurs radicaux
16 déc. 2018
Schengen, 25 ans après : Et le football dans tout ça ? Mobilité des joueurs et des groupes de supporteurs radicaux

Loïc Ravenel, géographe de l’Université de Franche Comté ayant fait du sport et des flux migratoires sur le marché du football son principal objet de recherches et Sébastien Louis, historien enseignant à l’école européenne de Luxembourg et auteur d’une thèse sur les "ultras" italiens, étaient donc invités pour discuter de la mobilité des joueurs mais aussi de celles des "ultras", ces groupes de supporteurs attachés à un club qui s’organisent et se structurent à travers l’Europe. Le phénomène "ultras", né en Italie à la fin des années 60’ dans le triangle industriel formé par Milan, Gênes et Turin, se distingue des mouvements de hooligans britanniques dont l’objectif est bien souvent limité au désir d’affronter le gang de hooligans de l’équipe adverse. Comme l’a expliqué Sébastien Louis, ces groupes nés de la contestation en Italie se sont en effet structurés pour échapper à une structuration de la vie sociale reposant sur l’opposition entre église et parti communiste. S’armant de portes voix, de drapeaux géants, de banderoles, faisant face à une sorte de chef d’orchestre qui organise l’action des supporteurs en se mettant face à eux – et donc dos au terrain où se joue le match – les ultras se sont structurés dans le courant des années 70’ en s’inspirant des groupes radicaux. Il existe ainsi des ultras proches des idées d'extrême gauche, d'extrême droite, - pour la majorité d'entre eux aujourd'hui -, mais aussi de mouvements qui ont fait de la lutte contre le racisme leur fer de lance.

Au début des années 80, à l’occasion de rencontres de coupes d’Europe, les supporteurs venus d’ailleurs sont impressionnés par ces tribunes colorées, animées par des chorégraphies qui vont finalement inspirer le reste de l’Europe. Les premiers exemples sont relevés à Marseille où le premier groupe français, appelé "commando ultra", est créé. Plus récemment, on a pu observer que le modèle des ultras s’exporte bien au-delà des frontières européennes puisque des groupes japonais s’inspirent des symboles et actions italiens.

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