RODIN
Le choix de l'international (1871-1917)
Qu’est-ce que l’étranger signifia pour Rodin ? Avait-il une politique définie ou bien se laissait-il porter par les circonstances ? On constate que les expositions à Londres, Bruxelles, Dresde, Berlin, Vienne, Venise, etc. lui permirent de « pousser » ses œuvres les plus novatrices. La confusion qui a duré près d’un siècle entre la Terre et la Voix intérieure exposées en 1897 l’une à Stockholm l’autre à Dresde, résultant d’un changement d’avis de dernière minute, est la conséquence de cette politique, du moins avant 1900. Après 1900, il s’agit plutôt de faire connaître son travail en profitant de la renommée acquise. Les expositions, nombreuses, relayées par la critique d’art, mais aussi par des philosophes et des écrivains, Rilke notamment qui éprouvait une immense admiration pour lui, le mirent en relation avec le monde des collectionneurs. Des ensembles très importants se constituèrent alors (Copenhague, New York, Washington ou San Francisco), avant que la donation qu’il consentit à l’Angleterre en 1914 fasse du Victoria and Albert Museum à Londres le lieu où l’on perçoit le mieux la modernité de son approche.