Invariants et variations de l’art
Le réel et l’imaginaire cristallisés
Maurice Godelier, anthropologue passionné d’art, éclaire d’un jour nouveau les arts dits « primitifs ». Il montre que, dans les sociétés tribales, ignorant l’État et les classes sociales, la notion de beauté existe, mais pas les notions d’art et d’artiste. Puis, appliquant à l’ensemble des formes d’art sa méthode de recherche des invariants des différents domaines de la vie sociale, il met en évidence les quatre éléments qui doivent toujours être réunis pour qu’existe une œuvre d’art, quelle qu’elle soit : du théâtre de Sophocle à Guernicade Picasso, d’un vase rituel des Chang à une sculpture d’Archipenko. Pour lui, l’art, sous toutes ses formes et à toutes les époques, est la création d’un immense monde d’actes et de formes symboliques qui doublent et débordent les sociétés qui les ont inventés pour elles-mêmes.
De son côté, Renaud Faroux lui répond en tant qu’historien de l’art et prend en compte l’univers des formes qui, par nature,sont changeantes. De ce fait, il explicite les diverses solutions plastiques que les artistes ont pu proposer à des époques différentes et avec des cultures différentes, autour des thèmes du portrait,de la nature morte et du paysage. Le contexte socio-historique dans lequel les œuvres d’art ont été conçues, leur survivance et leurs transformations au fil du temps ou encore leur destruction expliquent l’intérêt renouvelé qu’elles suscitent. Cette rencontre inédite permet un dialogue passionnant et érudit qui nous plonge au cœur de l’art depuis la préhistoire jusqu’à aujourd’hui.