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Pourquoi Philippe le Bel (1268-1314), roi si conscient de son autorité, a-t-il jugé utile de réunir ses sujets en de vastes assemblées, alors qu'aucune tradition ne l'y incitait ? Le présent ouvrage se propose de répondre à cette question. Jusqu'alors, c'était essentiellement le contexte politique spectaculaire de ces convocations qui avait suscité l'attention de l'historiographie. Le conflit entre Philippe IV et le pape Boniface VIII, l'affaire des Templiers ou encore la guerre contre la Flandre motivaient cette attention. Les historiens s’étaient attachés à mettre en lumière le bel opportunisme politique du Capétien. L’auteur de cette thèse s’est penché en priorité sur leur dimension institutionnelle et leur caractère politique, pour tenter de dépasser les apparences créées par d’habiles conseillers royaux et, ainsi, comprendre leur véritable nature. Ces assemblées ne furent pas le lieu propice d'un dialogue né de la rencontre entre un roi et ses sujets, mais bien celui d’un monologue politique au service de la propagande et de l'idéologie royales. Elles eurent pour but de déclencher un véritable mouvement en faveur du roi et, surtout, de diffuser une nouvelle conception de la sujétion liant les sujets à leur souverain. Ces assemblées furent des instruments au service de l'exaltation de la personne royale et de sa fonction. Incarnant l’intelligence politique rare dont les conseillers royaux ont su faire preuve dans leur construction d’un pouvoir royal fort, elles constituent un moment, tout à la fois unique et déterminant, dans l’histoire politique au Moyen Âge.